samedi 29 mars 2014

MAU




si l'Amour fait chanter et parfois saigner les cœurs,
arriver à grandir dans une forme de solitude,
que certains considèrent comme une horreur,
apporte l'esprit dans une possible plénitude.

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une pétale de fleur
virevoltant aux six vents
pris place en se déposant
tout en douceur
sur mes doigts transmetteurs
émanant un délicat parfum
libérant un message
de pastel couleurs


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Que me brule ton feu,
incandescent de désirs.
Si rien n'est un jeu,
de toi m'assouvir.

Ami imaginaire,
ou d'une autre dimension.
Que ton corps se fasse chair,
Que tes lèvres soient miennes
Notre union un Éden
A la complicité passion


~Mau~ 




vendredi 28 mars 2014

Pascale Cormier

Pascale Cormier


J’ai la chance de vivre dans un pays
où j’ai le droit de respirer
mais je ne baise que moi-même

j’en connais qui ont peur
elles tremblent de tout leur corps
j’en ai vu qui fuyaient
se pourchassant elles-mêmes
d’autres ont tellement soif
toute l’eau des glaciers n’y suffirait pas
l’amour est aride
pour les femmes qui penchent

j’ai la chance de n’attendre
que le scalpel du chirurgien

j’en connais
qui se peignent des ailes et vivent dans un tombeau
j’en connais qui n’ont pas de chance
les corps qui les entourent sont des corps de rechange
leur vulve murée n’échappe rien d’elles-mêmes
elles se tordent sur leur matelas
s’étranglent avec leurs draps

j’ai la chance insigne
d’être vieille

pour celles qui bouillonnent de sève
dont le ventre palpite
s’ouvrant sur un gouffre cosmique
dans l’éternel ballet des sphères

pour celles qui écartent les cuisses
dans la nuit
une absence absolue qu’elles sont seules à connaître
ne jamais être une moitié qu’à demi
ne se donner qu’à des fantômes
tourner le dos

pour celles que ronge le vide
celles qui n’ont à offrir qu’un seul corps
dans des chambres multiples
le désir est une torture
une insatiable faim
une brume humide et froide

nous aurons des enfants par milliers
nous serons à la fois père et mère
quand on fera de nous des femmes
capables d’enfanter

j’ai la chance de transcender mon agonie
en une autre naissance

j’en connais qui ne font que mourir
subissant leur jeunesse comme une plaie ouverte
elles rampent entre deux mondes
le sexe en étendard
le ventre en charpie

j’en connais qui se rêvent et qui rêvent
réfutant l’effroyable carcan
j’en connais tant qui fuient et je fuis avec elles
sans avancer d’un pas
plutôt brûler mon corps que m’agripper
aux moustaches d’un prince

pour ces âmes à la fois mâles et femelles
des portes sont trop étroites
des regards trop lourds
souvent elles implosent
se dévorent elles-mêmes
déchiquetées dans les barbelés
l’attente est un poison qui rend fou

tandis que j’enfonce le majeur de ma main droite
au plus intime des replis de ma chair
mon sexe atrophié retourné
me pénétrant moi-même
tandis que je défonce d’un doigt fébrile
mon bassin jusqu’au vagin
que je me creuse femme
en me pinçant les seins

mon anus n’est plus qu’un trou noir
où s’engouffre ma féminité
je ne veux plus souiller mon désir

j’en connais qui désirent encore
qui éclatent entre des mains maladroites
retombent en éclats de cristal
il suffit d’un rien pour anéantir
ces femmes étranges
baisées plus qu’aimées
plus fortes que leur naissance
moins vivantes que la mort

moi
j’ai un cœur de petite fille
qui ne joue qu’avec elle-même
et qui n’attend personne

je n’en connais pas
qui ne voudraient pas être ailleurs.

© Pascale Cormier, février 2014

Entrevue avec Pascale Cormier aux Contes à Rendre
Vidéo: Yvon Jean

mardi 25 mars 2014

Yvon Jean et Éric Roger

'' Les regards frappent comme des coups de poing
Je sers d'interprète là où personne ne se comprend
J'interviens dans mon futur
Hier se dessine devant moi '' .
Éric Roger, Un paradis dans le néant, 2006, Teichtner

 Éric Roger sur Facebook



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Junkie
On marche ivre saoul à demi conscient
Les Rues défilent sous nos louvoyants pas                              
Un peu comme la Vie qui fou le camp
Et on ne sait plus trop où on s’en va

Souvenir d’ailes que l’on avait avant
Avant que tout s’obscurcisse, sombre devienne
Son sourire, ses envies, qui m’ont heurtés tant
Aujourd’hui junkie de ma vie, je cherche ma veine

Écrire me libère, jusqu’à n’en plus maux
Je vocifère, harangue, manière de vice
Je mani bien ma langue, et tout ses défauts
La scène me guérit, me sert d’urgence, d’office

Et quand vieux je serai, littéraire incapacité
Que mes maux le pas prendront sur ma plume
Alors je penserai à vous, toutes mes sœurs d’éternité
Mon cœur alors sera remplit d’amour…aussi d’amertume…
YVON JEAN 

 Yvon Jean sur Facebook

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Entrevue avec Éric Roger (2010)




Yvon Jean